02.07.2010

Un « Centre Spécial pour Supprimer, Arrêter et Poursuivre les Travailleurs Clandestins»

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Alors que les procédures de régularisation pour les migrants de Thaïlande sont déjà un véritable casse-tête, une nouvelle loi a été adoptée le 2 juin 2010 qui rend plus délicate encore leur situation. Il semble en effet que le gouvernement Thaïlandais ait décidé de passer à l'offensive en matière d'immigration et de travail clandestin, en établissant un « Centre Spécial pour Supprimer, Arrêter et Poursuivre les Travailleurs Etrangers Travaillant Clandestinement »( Special Centre to Supress, Arrest and Prosecute Alien Workers Who Are Working Underground). L'application de cette loi est immédiate, 346 Birmans auraient déjà été arrêtés dans la seule ville de Bangkok entre le 16 et le 19 juin.

Dans la province de Phang Nga, au sud de la Thaïlande, les premiers concernés sont également les immigrés Birmans, dont on estime la population à plus de 100 000 personnes.

Grassroots HRE (Human Rights Education and Development), première organisation indépendante reconnue par le gouvernement, créée par et pour des Birmans, vient en aide quotidiennement aux travailleurs Birmans, nombreux dans la région, confrontés aux difficultés que leur confère leur statut de migrant.

Beaucoup d'entre eux ont quitté une Birmanie appauvrie et répressive pour retrouver un travail et subvenir correctement aux besoins de leur famille. Or, comme l'écrit Htoo Chit, créateur et directeur de Grassroots HRE, dans son dernier article, « Is there such a thing as "illegal" human being ? » (http://www.ghre.org/en/news/364-is-there-such-a-thing-as-...), de nombreux migrants ne se régularisent pas par peur d'être arrêtés et renvoyés dans leur pays d'origine. D'autres sont menacés par leurs employeurs qui préfèrent les faire travailler clandestinement pour des raisons financières et pour éviter toute organisation de type syndicale. Finalement, même ceux qui sont en procédure de régularisation peuvent vivre dans la peur, car ils manquent de confiance dans les autorités Thaïlandaises, qui se sont parfois révélées extrêmement répressives envers les migrants.

C'est pour cela que Grassroots HRE, depuis sa création, se mobilise pour l'aide légale aux migrants.

Fin avril 2010 par exemple, un atelier de formation de deux jours a été organisé, animé par un avocat spécialiste de droit international, en coopération avec la Fondation MAP (Migrant Assistant Program).  Comment collecter des faits, trouver des informations et mener une enquête en cas d'atteinte aux droits de l'homme, voilà quelques unes des questions qui ont été évoquées devant les participants.

Le reste du temps, l'activité de Grassroots HRE est beaucoup plus minutieuse et personnalisée. L'organisation intervient auprès de chaque personne, accompagnant les migrants dans leurs procédures, intervenant auprès de leurs employeurs, ou plaidant leur cause lors des arrestations, voire des emprisonnements.

Des mesures sont également prises pour informer la population Birmane de Phang Nga des évolutions législatives. Beaucoup de Birmans ne parlent pas Thai , ou encore imparfaitement, et seraient incapables de comprendre qu'une nouvelle loi les concernant a été adoptée. A travers l'émission bi-hebdomadaire animée par Grassroots HRE, « Migrant Friendship Radio Program »[1], diffusée en Birman et en Thai, les membres de l'organisation informent les habitants de Phang Nga de ces dernières nouvelles. Les mesures gouvernementales sont annoncées, commentées, expliquées, et toute personne désirant plus d'informations est invitée à appeler, soit avant, soit directement au cours de l'émission.

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Dessins: HAN LAY


[1] Migrant Friendship Radio Program est diffusée le samedi et le dimanche, de 11h à 13h. L'émission est diffusée par la radio communautaire Thai Maung Community Radio Station, FM 100.75